Tenez, vla dla lecture.
Ah mon papy Sheila... quelle belle carrière! Toujours ses petites couettes sous les feux des projecteurs, à chanter de la soupe de sa voix cristalline. Au bout d'un moment, les couettes ont laissé place à une demi-queue ma foi fort féminine (à 60 piges et autant de liftings, on n'est plus une gamine, fichtre). Quelle joie de pouvoir tourner sur soi-même et de voir sa chevelure tournoyer parallèlement à la jupe à froufrous, comme des corolles de fleurs (qui a dit que mon papy Sheila n'était pas poétique?!)!
Les chromosomes généreux et de nature plutôt dominante que récessive de papy Shéshé ne m'ont -grâce au ciel! ou au caractère purement physiologique de l'information génétique (quoique les allèles non codants... (mais ça, c'est mon hypothèse (copyright (promis j'arrête les parenthèses))))- pas fait profiter de son engoûment pour des valeurs que je frémis à l'idée d'évoquer. Ah! Que le Créateur dans sa bonté sans limite me garde de faire comprendre ce que je n'ai jamais eu l'intention de dire! L'amour est une chose magnifique. Ah si si si, mââânifîîîque (à prononcer avec l'accent bourge).
D'ailleurs en tant que jeune hippie frustrée par cette société de consommation que je n'apparente aucunement à un modèle à suivre, je prône évidemment l'affection et la tendresse (dans ce monde de brutes sanguinaires!!!). Mais en tant que jeune adolescente dont les humeurs sont réglées par mon taux (très) aléatoire d'hormones (oestrogènes ou testostérone? faites vos paris) contrôlé par mon complexe hypothalamo-hypophysaire (là, j'avoue, je frime, j'ai fait S) qui fait partie de la masse grise qui flotte dans mon crâne, communément appelé cerveau (pfiouu!! cqfd, c'est pas trop tôt, je commençais à m'embrouiller), donc là je récapitule pour ceux qui suivent pas (toi, là-bas, au fond, avec tes ch'veu), en tant qu'adolescente aux humeurs versatiles et pourtant pas écervelée (gnéééhéhéééé), je tiens à faire une nuance entre l'Amoûûûr inconditionnel, et la niaiserie crasse.
Papy Sheila, inonde-moi de remords malgré tes sympathiques pardons condescendants du haut de ton petit nuage de coton tout doux tout sucré (mais en fait il est mort, ou pas? j'ai comme un doute, subitement), mais sérieusement... que tu le suives, où il ira t'iras, fidèle comme une ombre, jusqu'à destination (poil au f... nan rien, passez, passez)... tout le monde s'en bat les cacahuètes sur l'air des Rois Mages, en tant que dernier petit honneur à ton art, et frémit d'aise à l'idée que des telles conneries, au moins, aient déjà été écrites par quelqu'un d'autre. Loin de moi l'idée de dire que tu n'étais pas un artiste de talent! Le monde saura se souvenir de ces moments de joie, à t'écouter dans le rayon surgelés, ta petite voix fluette beuglée sans cérémonie par des hauts-parleurs bas de gamme (sans parler de l'affront des appels comme "Ginette, appelée au rayon nourriture pour chiens" alors que tu avais si bien amené le suspense dans tes paroles simples, mais touchantes... mais encore une fois, je m'égare, fermons la parenthèse). Tu auras marqué mon pays bien-aimé (haha! mais quelle petite comique! franchement, elle était bonne celle-là, avouez) de ton charme enfantin qui a su résister aux moqueries sur ton évidente crise de personnalité, aux opérations chirurgicales et à un manque d'inspiration à en faire hurler Lorie de soulagement.
Eh oui, de nos jours, pas évident de se trouver un public. Les jeunes against ze systèm qui fuckent la mondialisation, la capitalisation, la privatisation (et autres pestes pourrissant la surface de notre pauvre vieille planète ainsi que le coeur des hommes), sauf bien sûr quand il s'agit d'acheter des Vans ou des Camel et les écharpes noires et blanches comme chez Flipside, ces djeunz rebelz donc, sont déjà recrutés par 1/ les chanteurs alternatifs aux idéaux similaires, tant que l'argent n'entre pas en jeu, ou 2/ les groupes métallo-punko-fusionno-hardcore mégadeaths qui ont, je l'avoue, brillament réussi la métamorphose de leurs cordes vocales en cordes à linge désaccordées.
Reste la catégorie des motards-ploucs-un peu de tout le reste, bien trop attachés à Johnny Hallyday, Patricia Kaas ou encore Eddy Mitchell (Claude Moine de son vrai nom, pour votre culture personnelle, mais avouez que ça fait quand même moins rrrrrrrockn'rolllllll) pour envisager une quelconque reconversion musicale plus ou moins tardive. Génération dont la précédente, enfermée dans La Bohème, La Javanaise ou encore la discographie complète de Jacques Brel, se contentera de regarder d'un air dégoûté -c'est compréhensible- les staïles miousicaux décrits précédemment.
Chantal Goya faisait dans la chanson pour enfants, récupérés dès mûrissement (relatif) par notre déesse outre-Atlantique Britney et ses sbires Lorie, Priscilla, Alizée (oh, traîtresse) pour les accompagner dans cette période difficile qu'est la pré-pré-adolescence. Ainsi donc, à part les bébés à qui on balance des chansons et petites musiques jouées par des grosses tomates rouges qui bougent les bras en tournant les yeux (on n'arrête pas le progrès!! la technologie, ça m'émeut) pour qu'ils arrêtent enfin de brailler dans leur berceau Ikea moche, toutes les tranches de la population ont été réquisitionnées.
Que restait-il pour toi, mon petit papy? Hélas plus rien. Malgré ce manque de public, de tonus (tout le monde vieillit! même les meilleurs d'entre nous), d'inspiration et de crème anti-rides, tu as su t'accrocher jusqu'au dernier plateau TV où tu venais faire la promo de ton 150ème remix de (very-)best-of sur-épuisé. Pas une seule fois ton sourire ne s'est affaissé, et ça, peu de gens peuvent aujourd'hui s'en vanter, surtout pas moi qui commence à voir de gros nuages à l'horizon tout rose que j'avais eu tant de mal à faire semblant de construire.
Et c'est pour ça que, si tu m'entends depuis tout là-haut (sinon monte le sonotone), je voudrais te dire que je t'aime, papy!!
PS, si vous zavez rien compris, c'est pas inquiétant